Portrait Bobo du Collectif de mode Studiomazé

Studiomaze1 copie

Au mois de juin on vous présentait le portrait d’Angela, la fondatrice de Kodd Magazine, un magazine de mode pas comme les autres, qui met en avant les petits créateurs, les artistes émergeants, la culture urbaine, le made in France et la diversité culturelle. On a eu envie de continuer dans cette voie, en vous présentant cette fois-ci une marque de mode, pas comme les autres (elle aussi!), puisqu’elle se présente sous la forme d’un collectif : le Studiomazé et propose une nouvelle façon de penser la mode avec un nouveau modèle économique. On est juste tombé totalement amoureuses de leur démarche (et de leurs vêtements bien évidement!)

Lucille : Fondatrice / Finance et Distribution

Khaoula : Branding / Communication

Laurena : Directrice Artistique

Aurore : Styliste

Studiomaze2

1 – Racontez-nous un peu l’histoire du Studiomazé : comment vous est-venu l’idée de créer cette marque ?

Lucille : J’ai travaillé 3 ans dans un cabinet de conseil où j’ai effectué de nombreuses études sur la customisation de produits et j’ai réalisé qu’il y avait une brèche dans le marché, qu’il y avait un concept à développer à partir de cette idée. J’ai alors quitté mon poste pour travailler sur une idée de « prêtàmoduler », « prêtàcomposer », d’abord avec une première marque, avec laquelle j’ai remporté en 2015 le Grand Prix de la Création de la Ville de Paris. Mais cette marque n’était pas assez aboutie, je l’ai donc revendue pour fonder un collectif : Studiomazé, pour me permettre d’être au plus proche de mon concept, d’aller jusqu’au bout du message et de créer un nouveau modèle économique, une nouvelle conception de la mode.

2 – Studiomazé c’est plus qu’une simple « marque de mode », c’est tout un concept, une nouvelle façon de penser la mode, pouvez-vous justement nous parler un peu plus du concept que vous avez voulu créer pour votre marque ? 

On ne voulait pas créer  juste une marque de mode c’est vrai, mais on voulait développer avant tout un nouveau modèle économique. On est parties d’un constat simple : l’équation de base du prêt-à-porter est toujours la même : un créateur unique conçoit un produit, puis ce produit est vendu en boutique, dans les grands magasins ciblés : le client subit le système, il n’as pas son mot à dire. A partir de ce constat, on a établit nos « 5 piliers » qui sont la base de notre concept, et que l’on a désigné comme notre « Manifeste » :
1 ) concevoir en collectif :  c’était primordial pour nous qu’il n’y ai plus qu’un seul créateur unique, mais que plusieurs personnes aux compétences différentes et complémentaires réfléchissent ensemble sur un même projet.
2) vendre d’une autre manière : on voulait réfléchir sur la manière d’amener le produit différemment au consommateur.
3 ) acheter un vêtement autrement : on propose 3 lignes de produits différentes, qui montent en intensité dans l’implication du consommateur dans son acte d’achat. Il y a un cheminement dans l’implication de l’acheteur, qui lui permet d’être de plus en plus « acteur » dans son achat; mais c’est un cheminement qui demande de l’éducation, il faut réapprendre à acheter autrement.
4 ) se faire l’echo de la mode d’aujourd’hui et de demain grâce à La Tribune : en parallèle à notre collection de vêtements, on a monté un projet éditorial à l’intérieur du collectif qui se traduit par des interviews, des conférences… et qui permet de montrer l’évolution de la mode et de donner la parole à différents acteurs dans le milieu de la mode.
5 ) donner la parole à notre communauté : on a une véritable envie de vendre et de parler aux gens autrement. Les clientes ont leur mots à dire dans notre démarche de création, on leur demande tout le temps leurs avis; c’est aussi elles qui nous inspirent, qui permettent à la marque de s’inscrire dans la réalité, dans la vie de tous les jours; on ajuste en permanence pour que le concept arrive correctement aux gens.

Studiomaze3

3 – Comment décririez-vous l’univers de votre marque?

On veut avant tout proposer des vêtements pour tous les jours, des vêtements à vivre, pour etre bien dedans, pratiques. Nos vêtements sont pensés pour être porté tout au long de la journée et s’adapter aux différentes occasions : ils peuvent aussi bien se porter pour aller au travail, puis pour enchainer en soirée, pour la semaine, le week-end… Concernant les vêtements à proprement parler, on a voulu des lignes droites, des coupes graphiques et épurées, inspirées du vestiaire masculin. On aime beaucoup le travail de Margiela et de  Yamamoto, ou bien, plus récemment, de Vêtements, ce sont des gens qui ont su développer des concepts forts, et qui ont apporté un véritable renouveau dans la mode et la manière d’appréhender le vêtement. On est aussi  inspirées par les gens qui nous entoure, par notre notre génération, mais aussi par la réussite de concepts forts dans d’autres secteurs que la mode, comme le Big Mamma Group, qui, avec ces restaurants comme le Ober Mamma a réussi à développer un concept hyper cohérent et  homogène; tout est pensé et abouti dans les moindres détails.

4 – Pour vous, quelle est la « cliente type » pour qui vous avez imaginée votre mode?

La « femme Stiomazé » c’est avant tout une femme moderne, indépendante, ambitieuse, qui a plein de projets; elle est déterminée, curieuse et créative, elle assume pleinement ses choix. On a vraiment une vision de notre cliente à 360 degrès, il faut que nos vêtements puissent s’adapter à tous les challenges de cette femme moderne, aussi bien dans sa vie privée que sociale ou professionnelle.

5 – Pouvez-vous nous décrire un peu plus en détail la première collection que vous avez imaginé ?

L’objectif de cette collection était de présenter la démarche du studio. La collection de cet été est estivale et ludique : le style global est géométrique, les couleurs dominantes sont le blanc, le gris et le bleu marine, associés à des touches de couleurs primaires et vives : rouge, jaune, rose. On a déterminé les 3 lignes que l’on va retrouver dans toutes les collections :
1 ) pretàemporter : la cliente choisit un modèle exposé et repart avec. C’est la ligne la plus casual où l’on retrouve essentiellement des bas (short, pantalon..)
2 ) pretàmoduler : la cliente travaille sur son vêtement et repart immédiatement avec (en ligne ou en magasin). Plusieurs combinaisons avec différentes colorations sont alors possible et des éléments astucieux permettent de moduler son vêtement très facilement (système de zips, boutons pressions…) On va y trouver des pièces intermédiaires : jupe, chemise, blouse…
3 ) pretàcomposer : on pousse la démarche un cran plus loin, puisque la cliente rentre vraiment dans notre univers et intervient dans différents choix durant la conception : on a défini plusieurs options (longueur, matières..) et la cliente combine ses différentes options pour créer son propre modèle, la pièce est alors faites à la commande. On va trouver une seule pièce dans la collection, en l’occurrence une pièce du dessus : manteau d’été pour la collection actuelle.

6 – Votre marque met en avant une fabrication responsable et transparente, un souci de la qualité des tissus et des finitions, elle propose une nouvelle façon de créer en collectif et une nouvelle façon de consommer « moins mais mieux », selon vous est-ce des thématiques typiquement « bobos » ?

Oui et non.  Ces valeurs étaient considérées comme typiquement « bobos » mais elles ne le sont plus vraiment, elles se démocratisent de plus en plus,  c’est le minimum que le consommateur attend maintenant; elles ne sont pas « juste bobos » mais elles sont l’avenir de la consommation! Mais, paradoxalement on est bobo et notre démarche l’est aussi : on achète des tissus en analysant leur provenance, on propose une nouvelle manière de consommer et de travailler…

7 – Question subsidiaire :  Est-ce que ce serait plutôt un compliment ou une insulte de qualifier votre marque de « bobo » ?

Ça dépend de la part de qui! Car souvent le terme bobo est utilisé à tort et à travers :  d’un coté si la définition d’un bobo c’est uniquement « bourgeois-bohème », dans le sens où cela implique une marque hors réalité et typiquement parisienne, on le prendrait pour une insulte. Mais d’un autre côté, si bobo implique une nouvelle démarche engagée et responsable, une approche stylistique et conceptuelle de qualité, alors ce serait un très beau compliment!

8 – Quels sont vos futurs projets pour Studiomaze ?

On a plein de futurs projets pour Studiomazé! Tout d’abord, on est rentrés au BHV depuis le 15 juillet, dans l’espace du Paperlab (un distributeur d’un genre nouveau; un véritable concept-store dans le grand magasin avec des  jeunes marques et une large offre éditoriale). Début août on sera également présent sur l’application igloo qui permet d’essayer des vêtements chez soi pour 1€. Concernant notre collection, on va proposer un look pour la rentrée à partir du 20 août et on lancera la collection hiver fin septembre. Cette nouvelle collection sera présentée en épisodes, elle racontera une histoire; on a vraiment eu envie de proposer une « marque-univers » avec pas seulement des vêtements (on ne vous dit pas quoi, on vous garde la surprise pour fin septembre!). On va également ouvrir un pop-up store pour la rentrée, et autre nouveauté : on proposera un look pour les hommes.

Plus d’infos sur le site internet de Studiomazé

1463503161694

1463503217501

1463503645368

high_res+(121+of+194)+copy

high_res+(158+of+194)+copy

Maud

6 comments on “Portrait Bobo du Collectif de mode Studiomazé

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *